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26 juin 2019

Diminution de la réduction Fillon en cas de non-respect de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires effectifs : les offices publics de l’habitat ne sont obligatoirement soumis à cette NAO que depuis le 29 octobre 2009

Selon l’article L. 241-13, III, alinéa 6, du code de la sécurité sociale, lorsque l’employeur n’a pas rempli, au cours d’une année civile, l’obligation mise à sa charge d’engager chaque année une négociation annuelle obligatoire portant sur les salaires effectifs, le montant de la réduction est diminué de 10 % au titre des rémunérations versées cette même année et de 100 % lorsque celui-ci ne remplit pas cette obligation pour la troisième année consécutive. Il résulte des articles L. 2242-8, 1 o du code du travail et 12 du décret n° 2008-1093 du 27 octobre 2008, le premier dans sa rédaction issue de la loi n° 2008-1249 du 1er décembre 2008 applicable à la date des réductions de cotisations en litige, le deuxième dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2015-994 du 17 août 2015 que les offices publics de l’habitat sont soumis à l’expiration du délai d’un an visé à l’article 12 du décret n° 2008-1093 du 27 octobre 2008, soit depuis le 29 octobre 2009, à l’obligation d’engager annuellement une négociation sur les salaires effectifs en application de l’article L. 2242-8, 1° du code du travail, dans sa rédaction alors applicable, nonobstant les dispositions de l’article L. 421-24 du code de la construction et de l’habitation qui, en ce qu’elles prévoient un accord collectif conclu au niveau national sur la classification des postes et sur les barèmes de rémunération de base des personnels employés au sein des offices publics de l’habitat, et à défaut une définition par décret en Conseil d’Etat, ne constituent pas des dispositions dérogeant à l’obligation de négociation annuelle au sein de chaque office public de l’habitat.

En l’espèce, le recours d’un office en contestation de la minoration de 10 % de la réduction dite Fillon, au titre des années 2009 et 2010 et de son annulation au titre de l’année 2011, est rejeté car l’office n’a pas ouvert de négociations sur les salaires au titre des années 2009, 2010 et 2011, et s’est soustrait à une obligation légale qui conditionnait le bénéfice de la réduction. A tort, car l’organisation d’une négociation annuelle obligatoire sur les salaires effectifs ne pouvait être exigée de l’office public de l’habitat antérieurement au 29 octobre 2009, date d’entrée en vigueur de son obligation légale [Cass. soc., 20 juin 2019, n°17-18061, F-P+B+I].